Fiches Info

Les questions à poser à votre fournisseur

Quelle est l’espèce que j’achète ?

Cette question peut paraître inutile. Cependant, en matière de durabilité, il est important de savoir ce que l’on achète. Tout d’abord, il est fait obligation aux négociants de produits de la mer d’indiquer clairement l’espèce selon les dénominations officielles [1]. Par ailleurs, les confusions peuvent porter sur des espèces dont les stocks distincts sont dans des états très différents. À titre d’exemple, sous l’appellation “thon rouge” (Thunnus thynnus), espèce au stock très affaibli, est régulièrement vendue chez les détaillants et dans la restauration du “thon albacore” (Thunnus albacares), aux stocks moins fragilisés. L’erreur au niveau du dernier vendeur (distributeur, poissonnier, restaurateur) se répercute au niveau du consommateur et accroît le trouble. Sur les menus des restaurants, les espèces telles que loups et rascasses, ou encore les différentes espèces de lieus, sont souvent mal nommées.

Mon fournisseur peut-il garantir la traçabilité du produit que j’achète ?
La traçabilité est indispensable non seulement pour limiter les risques incombant au détaillant dans le cas d’un accident sanitaire mais également pour s’assurer des modes de production et de la légalité du produit (cas de produits de pêche).

S’agit-il d’un produit de pêche ou d’élevage ?

Chaque mode de production a des impacts d’un point de vue environnemental. Un approvisionnement écologiquement responsable prend en compte ces éléments. Pour chaque espèce, les principaux modes de production sont commentés dans cet ouvrage.

Ce produit de pêche provient-il d’une source légale ?

La traçabilité permet d’éviter d’acheter des produits de sources illégales. La lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée se renforce et chacun à son niveau peut y contribuer. Évitez d’acheter des produits aux origines douteuses.

La taille : un critère de durabilité

En matière de produits de pêche, un achat responsable est celui qui porte sur des animaux adultes, ayant atteint leur taille de première maturité sexuelle et ayant ainsi eu une chance de s’être reproduit. Pour de nombreuses espèces, la taille légale de commercialisation ne correspond pas à la taille de maturité sexuelle.

Si la taille minimale de commercialisation du merlu Merluccius merluccius est de 27 cm dans le golfe de Gascogne, la taille de première maturité sexuelle est de 42 cm.

Quand la taille réglementaire de commercialisation du cabillaud Gadus morhua est de 35 cm en Manche Est et Ouest, la taille de première maturité sexuelle du mâle est de 59 cm, et celle de la femelle de 70 cm. Les poissons d’élevage ne sont pas concernés, la reproduction étant assurée.

Le poisson de pêche que j’achète est-il originaire d’une pêcherie durable ?

Si de nombreux produits de pêche sont issus de sources saines d’un point de vue environnemental et de pêcheries gérées de manière responsable, il n’est pas aisé de les identifier. Pensez à vérifier quelques points qui peuvent réduire les risques d’acheter des produits non durables :

L’espèce est-elle ou non menacée ?

Il vous faut pour cela connaître précisément l’espèce achetée, jusqu’à son appellation scientifique. Par exemple, dans la famille des squalidés, plusieurs espèces de requin sont menacées de disparition ; d’autres se portent mieux. Si le produit est proposé sous forme pelée (saumonette), il est impossible de reconnaître l’espèce, ce qui est pourtant essentiel pour mesurer l’état de la ressource. Cet ouvrage apporte des informations qui faciliteront votre choix.

D’où provient l’espèce ?

On ne peut pas parler d’une espèce indépendamment de son stock et de sa gestion. Aussi est-il essentiel de connaître l’origine précise du poisson acheté. Si, pour une espèce donnée, certains stocks peuvent être très affaiblis et leur achat déconseillé, d’autres peuvent être sains. Cet ouvrage vise à fournir des éléments précis permettant à l’acheteur de choisir ses sources d’approvisionnement. Cette information n’est pas toujours facile à obtenir, car souvent non disponible, mais les questions que vous adresserez à vos fournisseurs contribueront à améliorer le niveau d’informations disponibles. Faites part à vos fournisseurs de votre curiosité et de celle de vos clients.

Quelle est la technique de pêche utilisée ?

Certaines techniques de pêche ont un impact beaucoup plus néfaste sur l’environnement que d’autres, abîmant les habitats, entraînant d’importantes captures accessoires de juvéniles ou d’espèces non désirées. D’autres techniques sont, par contre, beaucoup plus sélectives. Les principales techniques de pêche et leurs impacts sur l’environnement sont présentés en fin d’ouvrage.

Le poisson que j’achète est-il écolabelisé ?

À ce jour, seul l’écolabel MSC (Marine Stewardship Council) offre la garantie d’une conformité de la pêcherie et de la chaîne de traçabilité (du bateau au dernier vendeur) aux directives internationalement reconnues de la FAO en matière d’éco-étiquetage des produits de la pêche. Ce label, attribué par un organisme indépendant, certifie que les produits sont issus de stocks sains ou en voie de reconstitution, qu’ils sont pêchés sans atteinte à l’écosystème et que les pêcheries sont bien gérées.